Rienquedelaréglisse

Le goût des douceurs…

L’optimisme, vainqueur du chiffre mai 8, 2008

Classé dans : billet — rienquedelamusique @ 12:54

Après les 30 glorieuses, voici peut-être les 30 calamiteuses. La France n’est pas adepte de l’autocritique mais de la joie de vivre.

 

Ainsi, les entreprises françaises manquent cruellement de compétitivité, ce qui nous offre un déficit commercial record de 39,17 milliards d’euros. Balivernes, c’est la faute à l’euro qui pousse à l’internationalisation de nos entreprises très compétitives (regardez le contrat de 35 milliards de dollars pour l’armée américaine remporté par EADS et Areva qui vend ses centrales nucléaires comme des petits pains), ainsi qu’à la délocalisation de nos industries (Arcelor-Mittal, Miko, Metaleurop).

 

La croissance est au plus mal malgré les prévisions optimistes du gouvernement nouvellement élu. Le budget 2008 est construit sur la base de 2,25%, le Fonds monétaire international (FMI) nous en prédit 1,5%, qui dit mieux ? Alors certes, on dit le moral des Français au plus bas, la consommation ralentit inexorablement, et les manifestations pour une hausse du pouvoir d’achat se multiplient. Les handicapés pour un revenu minimum correspondant au SMIC, les retraités pour un « revenu d’existence », les fonctionnaires pour une indexation du point d’indice sur l’inflation, les caissières de Carrefour en grève pour une hausse des tickets restaurant, celles d’Auchan qui substituent les bons de réduction oubliés par les clients.

Oui, on râle, mais c’est très français.

 

A côté de cela, on voit les Vélibs fleurir sur les voies de bus dès qu’un rayon de soleil perce les nuages du printemps hésitant, les terrasses s remplir quand vient le week-end, laissant s’exprimer les effluves de nicotine réprimées durant la semaine au bureau. Et lorsqu’on propose aux Français de monétiser leurs jours de repos afin d’assouvir leur frénésie consommatrice, boucler les fins de mois, et au passage, rebouster l’économie en berne, on s’offusque. Des RTT durement gagnés à la sueur de mon labeur ? Et mon droit au bonheur national brut alors, bien connu dans la jeune démocratie du Bhoutan ? Car c’est de notoriété publique, le bonheur ne s’achète pas, il se gagne en minutes de plaisir.

 

Eh oui, malgré les analyses alarmistes des économistes et les pics récurrents de Madame la ministre des finances Christine Lagarde, la France garde sa grandeur, sa nonchalance et ses leçons sur le Modèle français. Ses ambassadrices en sont admirées et récompensées, demandez à Marion Cotillard. Et c’est peut-être cet état d’esprit d’éternel optimisme qui contribue au succès de la comédie cliché et réductrice de Dany Boon : l’identité française au dessus de toute considération mondialiste sauvera la France de son déclin.

 

 

 

Julie Guillot

 

Guide de survie pour femme innocente avril 30, 2008

Classé dans : psycho — rienquedelamusique @ 7:05


Après une analyse fournie d’enquêtes multiples, de recherches approfondies et de mure réflexion, voici Mesdames, quelques uns des profils types chez ces Messieurs à éviter à tout prix !

Il y a tout d’abord, l’Italien. Point de cliché, c’est scientifique je vous dis ! Celui-là sera immanquablement magnifique, c’est bien pour cela qu’on craque, soyons honnêtes. Mais il aura ce petit plus, cette façon de vous chanter des louanges d’un air désinvolte, presque absent, mais qui fait qu’en quelques minutes vous vous sentez la plus belle femme sur Terre. Agréable me direz-vous mais attendez la suite. Car après  tout cela, vous vous dites que vous méritez tout (j’entends la lune, le déplacement des montagnes, les clichés quoi). Et c’est là que le bel Italien devient très dangereux, c’est qu’il ne fera jamais rien pour vous, croyant que tout lui est dû puisque ça marche avec toutes. Alors vous espérez, vous attendez. Lors d’une escapade à Paris pour un séminaire il ne trouvera pas un moment pour faire un détour par chez vous et vous combler de bonheur (« tu comprends, y’a mon chef, je peux pas m’échapper comme ça, mais je regrette tellement…»). Et là, vous souffrez.

Apparaîtra alors le poète. Celui qui vous fait rêver, au-dessus de toutes ces basses considérations hiérarchiques et déontologiques. Il parait inoffensif, avec lui pas besoin de baratin, vous l’écoutez disserter sur le rapport au réel et la vanité de l’existence et déjà vous vous sentez unique ! Mais toutes ces réflexions mènent à la confusion. Ca commence par quelques rendez-vous, restaurant ou ballades romantiques, car le poète prend le temps de vous faire la cour. Et aux premiers baisers, il se dérobe, prétexte les circonstances de la vie qui font que bla bla bla, vous apprenez qu’il est presque marié, le rêve devient cauchemar et vous replongez dans votre Italien.

Ultime espoir, le tombeur. C’est léger, ça a l’air simple. Vous vous dites même que c’est exactement ce qu’il vous faut après toutes ces péripéties. Ca commence passionnément, ça continue plus sérieusement. Evidemment, vous convertissez le salaud en homme fidèle et respectueux, vous vous sentez flattée. Lui découvre une nouvelle vie, ne se débrouille pas trop mal. Pas besoin de grandes effusions ou de projet de voyages sur la lune, le simple fait qu’il soit à vous, qu’il pense à vous prendre la main et à vous embrasser le matin (c’est nouveau pour lui), ça vous fait du bien. Mais les contes de fées n’arrivent pas dans la réalité, le tombeur un beau jour va se réveiller. La peur de l’engagement (un classique sur-décuplé chez cette espèce-là) reviendra au galop et vous volera votre apollon. Vous sombrerez alors dans un désespoir sans fond et vous répéterez que 50 autres paires de bras valent mieux que la votre, insupportable et destructeur.

Alors, avant de passer par là pour finir en songeant à la vie cléricale, observez bien et au premier signe d’un de ces profils, un conseil, fuyez !

PS : je le répète, cette chronique est basée sur des études sérieuses et n’a absolument rien d’autobiographique !

 

 Julie Guillot

 

High-tech, féminines, animales: les bruyantes brunettes avril 14, 2008

Classé dans : sortir — rienquedelamusique @ 3:52
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A l’occasion du vernissage d’un « super bouquin », trois filles exceptionnelles, sexys aussi, mais surtout exceptionnelles, Annabelle, Céline et Maria du collectif « bruyantes brunettes » mixeront avec leurs i-pods mardi 15 avril au Vieux Léon, 18 rue de la Grande Truanderie. Et pour faire fête à cette nouvelle trinité féminine décidément High-tech, je me propose de soumettre à vos esprits ingénieux et retors cette énigme d’exception qui fera figure ici d’illustration :

Deux vieux amis qui ne se sont plus vus depuis fort longtemps se rencontrent dans la rue. L’un annonce à l’autre qu’il a désormais 3 filles : Annabelle, Céline et Maria du collectif « bruyantes brunettes » qui mixeront avec leurs i-pods mardi 15 avril au vieux Léon, 18 rue de la grande truanderie. Curieux, ce dernier lui demande leurs âges. Et le premier de lui répondre : Si on multiplie leurs 3 âges, on obtient 36… L’autre, perplexe, lui rétorque: Je ne peux pas déterminer leurs âges avec si peu d’information… Alors le père de famille lui dit : La somme de leur âges est égale au numéro de la maison d’en face… L’autre regarde et déclare : Non, je ne peux toujours pas déterminer leurs âges !!! Alors, l’homme regarde son ami dans les yeux et dit : Annabelle, l‘aînée, qui mixera avec son i-pods et ses deux autres sœurs mardi 15 avril au vieux Léon, 18 rue de la grande truanderie, est blonde… Le visage de son ami s’éclaire alors et il s’écrit : Ça y est !!! Maintenant je sais !!!

Et vous, savez-vous l’âge d’Annabelle, Céline et Maria du collectif « bruyantes brunettes » qui mixeront avec leurs i-pods mardi 15 avril au vieux Léon, 18 rue de la grande truanderie ?

Si vous souhaitez avoir la réponse, je vous conseille vivement de vous rendre le 15 avril, au vieux Léon, au 18 rue de la Grande Truanderie Paris 1er, voir Annabelle, Céline et Maria du collectif « bruyantes brunettes ».

Sinon, vous pouvez toujours me supplier. Ca marche aussi !

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La place du chapeau avril 10, 2008

Le chapeau est à la mode. De tous temps objet de distinction sociale, il prend aujourd’hui les formes les plus diverses dans notre société mouvementée.

Celui de Denis Gauthier Sauvagnac n’est guère désiré. L’ancien délégué général de l’Union de l’Industrie et des métiers de la Métallurgie l’a dit, il veut bien le rendre avec les indemnisations (2,6 millions d’euros pour l’UIMM)  qui vont avec. Accusé d’avoir eu recours à des distributions occultes d’argent liquide, le poids du chapeau serait-il trop lourd à porter ?

Quant au chapeau de Jérôme Kerviel, une gentille dame de son petit village de Bretagne l’affirme, il est bien trop grand pour lui. Les habilleurs auront à revoir les dimensions de ces accessoires qui ne siéent guère à ceux qui défraient les chroniques financières. Le trader de la Société générale partagerait bien l’ombre de ce couvre-chef - et les condamnations judiciaires qu’il implique - avec ses supérieurs et les dirigeants de l’établissement bancaire. En réponse, Daniel Bouton, son président, partagera seulement son salaire en gage de bonne volonté. Mais après avoir reçu la confiance de ses administrateurs et salariés, il compte bien rester dans la lumière.

Le chapeau que tout le monde s’arrache, c’est celui de François Mitterrand, que le Parti socialiste s’est offert à la vente aux enchères des effets personnels de l’ancien président pour la modique somme de 7800 euros. Celui-là abritait bien des secrets. Pas d’un diamètre démesuré pour la tête de l’ancien chef de l’Etat mais pas moins d’un cancer et d’une Mazarine illégitime étaient cachés là-dessous. Ce refuge de discrétion pourrait bien inspirer le président actuel à qui l’on reproche trop de transparence.

Le chapeau est aussi une affaire d’ego. Carla Bruni, nouvelle première dame de France, a fait l’unanimité à Windsor coiffée de son bibi gris signé John Galliano, dont la discrétion avait pour but de ne pas concurrencer l’extravagance fleurie des chapeaux de la Reine Elisabeth.

Chacun sa place, chacun son chapeau.

 

Julie Guillot

 

Bob Log en concert à la Maroquinerie avril 10, 2008

Classé dans : musique — rienquedelamusique @ 11:22
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boblog en concert

Bob Log était ce lundi 7 avril à la Maroquinerie et vous n’y étiez pas ! Pourquoi ? Etant donné la punch-arrogance du dit-garçon, la virtuosité de ses 10 doigts et de ses quelques pieds aussi, le “sexyhoulalaboomchikiboomchikiboomwawa” de sa démarche, l’originalité de son style si seventies, si trash, si moulant, si… casqué, l’inimitable et infatigable rythmique de son blues déganté, je ne vois que trois possibilités :

Vo  1.Vous aviez rencard avec Scarlett Johansson (ou Nana Mouskouri c’est selon !)

Un  2.Une bande de manias terroristes vous a pourchassé jusqu’à la côte Atlantique où vous avez embarqué dans un Cobra 21’ Chris-Craft de 1955 pour une destination que je tairai ici pour d’évidentes raisons de sécurité.

Vo  3.Vous lisiez ce blog

Je dis ça parce que Bob Log, c’est la réappropriation du concept de mobilité téléphonique grâce à l’incorporation d’un combiné dans la tête (et ça c’est tout de même important !). Parce que Bob Log, c’est aussi une bête de scène qui ne s’offusque pas du manque de public et casse la baraque comme s’il était devant un demi-million de fans. Mais parce que Bob Log, c’est surtout plus d’une heure de bonheur grâce au génie musical hors du commun d’un homme orchestre comme n’en avez plus vu depuis Mary Poppins !

A bon entendeur salut !

 

Sortir à Paris: réouverture de l’ALG avril 3, 2008

Réouverture de l’ALG

22H BAMBOULA
NATALIA PARADIS & MISTER M
UNE RENCONTRE IMPROBABLE ET INÉDITE !


Pour inaugurer l’Alg en beauté, venez assister à la rencontre au sommet des deux plus anciens dj’s du lieu (on n’a pas dit vieux!) : Natalia Paradis et Mister M ! Mister M, alias DJ Spoke du Sensualist Sound System, prépare un set électro funk sensuellement disco et lyriquement pop. Natalia, quant à elle, concocte sa mixture en secret. Mais on peut déjà imaginer un cocktail personnalisé se permettant toutes les libertés, allant des musiques du monde les plus roots aux nouveautés les plus survoltées. Aussi, préparez-vous à la déferlante de Mister M : découvrez sa gestuelle unique, contagieuse et endiablée, une bougeotte proche de la transe épileptique, à la fois lascive et déréglée. Vous oublierez peut-être la frontière physique des platines, car ce soir le dance floor sera aussi de l’autre côté…


L’Alimentation Générale

74 rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris

Il n’y a pas d’horaire parce que Mister M est toujours en retard…

 

Morose avril 2, 2008

Classé dans : billet — rienquedelamusique @ 6:18
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C‘est un terme qui revient bien souvent ces derniers temps. Du côté des économistes américains, c’est la crainte de la récession qui rend morose. De ce côté-ci de l’Atlantique, l’alliance entre un baril de brut qui explose la barre des 100 dollars et un euro au plus fort de sa cote depuis sa création expliquent le moral à zéro qui règne dans les salles de marchés. Dans l’hexagone, c’est le pouvoir d’achat lui même qui est morose (vous savez cette entité qui fait la une de tous les journaux, apparaît toutes les deux phrases dans les discours politiques et brille par son absence dans les caddys des ménagères). Le moral des consommateurs est en berne, tout comme celui d’Hervé Novelli avec son déficit record au commerce extérieur (40 milliards d’euros!), ainsi que Perben, Gaudin, Albertini et leurs collègues de la majorité, menacés de carton rouge aux municipales. Sans parler du réchauffement climatique, des délocalisations qui se multiplient vers des cieux plus compétitifs, bref, de la morosité ambiante.
Mais pourquoi « morose »? Les étymologistes nous expliqueront probablement que la racine « morosulus, morosulam » exprimaient déjà un état morbide et déprimant dans nos premiers écrits, mais place aux non-latinistes (la majorité) et aux poètes (quelques-uns tout de même). Pourquoi un mot si doux, sans consonne occlusive en son sein pour venir brutaliser l’oreille, avec une répétition de la voyelle fermée [o] qui berce l’écoute ? Allons plus loin, et croquons-en un bout : il nous reste « rose », la fleur symbole de la beauté et de la fraîcheur, qui interfèrerait dans un concept indescriptiblement morne. Point de logique dans tout cela. A moins que ce ne soit un anglicisme caché, illustrant les prix qui « rose » qui « rose » (traduction anglaise: « augmentent » pour ceux qui auraient oublié la longue et indigeste liste des prétérits irréguliers), et qui rendent morose (tout comme les prétérits irréguliers) ? Les linguistes s’arracheront les cheveux, mais l’homme veut comprendre.

Quoi qu’il en soit, le printemps est bientôt là. Et avec lui, le baril enflammé redeviendra raisonnable, l’euro qui prend la grosse tête se calmera, nos élus locaux désabusés se consoleront en réalisant qu’ils ont d’autres mandats en réserve, et le pouvoir d’achat… non celui-là ne bourgeonnera pas, même avec tout l’engrais du monde. Mais rassurons-nous, le gouvernement trouvera sûrement parade, sous peine de retour de la morosité.

 

Julie Guillot

 

Zampa Opéra Comique avril 1, 2008

Classé dans : musique — rienquedelamusique @ 4:29

 

Wozzeck à l’Opéra-Bastille avril 1, 2008

Je n’irai pas voir le Wozzek d’Alban Berg, interprété en ce moment même à l’opéra Bastille. Je n’écouterai pas le texte de Georges Büchner. J’ai raté la répétition générale qui avait lieu jeudi 27 mars !!! C’est terrible ! Et ce n’est même pas la première fois. L’opéra avait été joué il y a de ça je crois 5 ans et la répétition n’était pas publique. J’avais pourtant supplié les gardiens de me laisser entrer mais ils avaient refusé !!! Les chiens… Me faire ça… A moi ! Alors, certes oui, si j’aime cet opéra, je pourrais tout de même ne pas trop compter sur les invitations etc… Mais je dois remplacer mon vieux PC amorphe et sénile (si, si !) par un jeune et fringuant Mac tout neuf et tout blanc!

Je ne résiste toutefois pas à l’envie de vous parler de cet opéra auquel je n’ai donc jamais pu assister mais que j’ai, je vous rassure, de nombreuses fois écouté (sans quoi c’eût été difficile d’en faire mon opéra préféré).

Pour ce faire, je vais m’appuyer sur la chronique du Monde (facile !!!!!) ainsi que les observations abrégées de mon poussif compagnon de beuverie, j’ai nommé Nicolas Charron, contrebassiste à l’opéra bastille et musicien-interprète du dit opéra (plus dur !).

C’est Sylvain Cambreling, qui est le chef de cette nouvelle production de Wozzeck (1925), « incroyablement à l’aise, souple et précis dans une partition qu’il semble connaître comme sa poche, la tir[ant] tantôt vers l’expressionnisme le plus vif, tantôt vers les raffinements de la musique de chambre. La beauté de l’orchestration de Berg et sa palette expressive ont rarement été restituées si subtilement. ». Enfin ça je pouvais l’écrire toute seule en m’appuyant sur les dires de mon compagnon d’arme Monsieur Charron : « Z’est vraiment zénial ! (hic !) Moi z’ai zamais rien entendu d’aussi beau ! (hic !) Z’ai des places, tu viens ? »

Rien qu’en lisant l’article paru dans Le Monde, je m’imagine la scène finale d’un Wozzek fou de désespoir après avoir tué sa femme Marie. J’imagine la scène de l’opéra, pure, abstraite. La lune ensanglantée dans laquelle Wozzek se noie et qui rend la mer couleur rouge sang est-elle seulement là ? « Marthaler a trouvé une parade extraordinaire : il fait se dissoudre Wozzeck dans le noir qui envahit le plateau. Idée lumineuse, pour le coup. » Et ces enfants qui viennent se moquer de l’orphelin dans la scène finale, ont-ils cette espèce d’innocence carnassière, vorace et brutale que je m’imagine quand j’écoute l’opéra ? « Et il y a cette fin, si irréelle et si vraie dans sa lumière de morgue, ces enfants qui, dans leur inconsciente cruauté, disent au petit que sa mère, Marie, est morte. On pense alors aux derniers mots de Pelléas et Mélisande, qu’on a envie d’ainsi parodier : “Et maintenant, c’est au tour des pauvres petits.”

Voilà, je lis Le Monde et il m’appartient en un tour de main !

 

Symphonie n°3 de Gorecki février 20, 2008

Classé dans : musique — rienquedelamusique @ 12:12
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Symphonie n°3 de Gorecki Symphony N°3 Opus 36 (1976) «symphony of sorrowful songs» d’Henryk Mikolaj Gorecki

  • 1/ I. lento-sustenuto tranquillo ma cantabile 26.25
  • 2/ II. Lento e largo-tranquillissimo 9.22
  • 3/ III. Lento-cantabile-semplice 17.05



Un bruit profond, un chant de contrebasse, inaudible et pesant. C’est par ces bas-fonds que s’amorce la fugue décomposée, démultipliée jusqu’à l’émiettement des tessitures de la symphonie N°3 du polonais Henryk Gorecki.

Ecrite en mémoire des victimes d’Auschwitz, elle est l’expression de la plus irréparable douleur, de la plus inénarrable aussi. Pourtant, un air maladif, entier, fragile naît du grand soliloque des sons. Ce nœud central écoeuré, démultiplié jusqu’à l’obésité, porte malgré lui la clarté et la simplicité d’une psalmodie mélodique et obsédante : la prière d’une mère pour son fils, celle d’une jeune fille pour un dieu en qui elle ne croit plus.

Je le connais par cœur cet air. Et pourtant je ne saurais plus longtemps vous en parler. On ne chronique pas avec des larmes. On n’analyse pas avec du sang, de la vie, de la peur. Il y a des beautés qui vous rappellent que vous êtes mortels, et pourtant si vivants. Elles vous disent que le nécessaire n’est pas suffisant et que la modération n’est pas l’apanage de notre espèce. Il y a des beautés, douceurs amères, inquiètes, qui vous renvoient à l’impossible, qui vous rendent ivres d’idéal. La symphonie de Gorecki fait partie de celles-ci. Accessible et lumière. Qui peut en dire autant ?