Rienquedelaréglisse

Le goût des douceurs…

La vie en rose 15 février 2008

Voici la traduction du titre du dernier film d’Olivier Dahon. La Môme, notre fierté nationale et son collier de nominations, sortira aux Etats Unis sous un jour quelque peu fade et l’on pourrait craindre qu’elle soit prise pour une de ces comédies à l’eau de rose. Cette insupportable gamine à la voix d’or fera donc une entrée douce à la page critique du New York Times. Cependant, bien que dénaturé, le titre reste français. Dans une expression, que dis-je, un état d’esprit tout entier qui transperce toute barrière linguistique. La vie en rose, ce glamour french touch, à ne pas confondre avec le bling-bling actuel, c’est le côté bohème, poétique, romantique mais pas niais, bref, le charme à la française, quand il me prend dans ses bras, blablabla.

Celui qui voit la vie en rose aujourd’hui c’est Michel Pébereau, président de la première banque française, BNP-Parisbas. Lui se frotte les mains devant la chute de sa consoeur et rivale, la Société Générale et ça lui fait quelque chose. Le fléau est différent car sans drogue ni alcool, cette grande dame se trouve bien mal en point. Il ne s’agit pas d’amour ici mais d’argent, c’est dans l’air du temps.

Et la vie en “roses”? Personne n’aura manqué cette autre épisode glamour dans l’actualité récente. Georges W. Bush accueilli par son homologue saoudien avec une rose rouge. De là à lui dire des mots d’amour? Difficile à croire quand il s’agit de pétrole, mais le mélange des styles et les grandes effusions, entre fleurs et sabres, djellabas et cravate, cela c’est un autre ton, cela s’appelle du pragmatisme et c’est aussi dans l’air du temps.

Alors on se consolera en contemplant la destinée d’une chanteuse qui aura transcendé toutes les frontières avec quatre mots pour survivre et rester digne: “je suis un artiste!”. Mais de nos jours, ce sont les hommes d’affaires que l’on applaudit.

 

Julie Guillot

 

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