Rienquedelaréglisse

Le goût des douceurs…

Un peu (moins) d’humour 12 juillet 2008

Ça m’amuse de voir Carla Bruni-Sarkozy, ex top model et femme somme toute très coquette, se limiter au port des ballerines depuis son mariage avec le président français. Aucune faute de gout dans les chaussures plates mais soyons honnêtes, rien ne vaut les talons aiguilles pour faire virevolter une paire de jambes sous une robe haute couture, John Galliano lui-même ne jure que par cela. Après comment perdre 10 kilos en 2 semaines pour sortir le bikini sans complexe, Carla et Nicolas, la vraie histoire, c’est comment perdre 10 centimètres après un dîner chez Jacques Séguéla et une escapade à Disney Land !

Ça m’amuse aussi, les jeux rhétoriques de François Fillon, cuisiné devant son gouvernement presqu’au complet sur le plateau d’A vous de juger : l’équilibrisme entre le ridicule et le désaveu certain. Alors il envoie à Christophe Barbier sur de faibles accents tragédiens que « c’est grave ! » au sujet de la une de l’Express sur les relations tumultueuses entre Nicolas Sarkozy et son premier ministre. Oui, c’est grave ce qu’il se passe dans les médias et ça n’amuse personne, ni Espérandieu ni Généstar. Mais revenons au comique François Fillon qui pâlit après sa tirade sur son désaccord le plus total à propos de l’affichage dans les médias de la vie privée des hommes politiques. Oups, il croyait parler de lui, il vient de charger en bonne et due forme celui qui d’un geste peut l’expulser à tout moment. Sourire satisfait mais sans sadisme d’Arlette Chabot.

Une cuillerée pour l’UMP, une cuillerée pour le PS. Ça m’amuse aussi beaucoup, ces passe-passe d’hypocrisie entre les candidats officieux à la tête du parti. Entre Martine Aubry qui souhaite « prendre toute sa place », Bertrand Delanoë qui minaude, si je peux me rendre utile, si ça vous fait plaisir, non je ne le dirai pas maintenant… Il faut bine de l’audace pour sortir de la langue de bois ! Au moins, Ségolène Royal aura le mérite d’être claire. À la Bellevilloise, elle a fait savoir qu’elle est là et qu’elle se bat. Oubliés les balbutiements sur la Marseillaise, le SMIC à 1500 euros et l’assouplissement des 35 heures. Aujourd’hui, il lui suffit de prononcer le nom de Nicolas Sarkozy le regard inquiet, fustiger la remise en cause du temps de travail les sourcils froncés, et là voilà applaudie, bénie, ravie.

Alors oui, tout cela on en sourit. Ça alimente les dîners entre amis et rend le JT de David Pujadas plus divertissant. Mais après l’amusement devant tant d’enfantillages, le sourire devient jaune à l’heure de constater les dégâts. À la pompe, quelques gouttes de gazole font couler quelques larmes au père qui ravitaille l’Espace familiale. À la caisse du supermarché, c’est la maman qui serre les dents en insérant la carte bleue, tout en constatant le poids dérisoire de son caddy hebdomadaire. Dans quatre ans, harassés par leur semaine de 45 heures de travail moyennant heures supplémentaires pour payer l’université hors de prix du premier et plus chanceux de leur enfants, ces deux-là n’auront de toute façon plus la force d’aller au cinéma, un luxe réservé pour leur anniversaire. Heureusement, la télévision sera sans pub, mais faute de moyens, on rediffusera pour la cinquième fois consécutive la première saison de Plus belle la vie. Sans parler du défilé des hommes peu recommandables, de Kadhafi à Bachar Al-Assad, qui vient ternir la dernière fierté des Français déjà bien esquintée par les Bleus, l’image d’une grande et respectable nation.

Alors bien sur il y aura toujours quelque « bravitude » et autre « casse-toi pauvre con » pour égayer un peu les foyers. Mais aujourd’hui, et avant 2012, les Français, au risque de paraitre rabat-joies, réclament un peu de sérieux.

 

Julie Guillot

 

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