Tentative de rabibochage
11 décembre 2008
C’est l’histoire d’un jeune insouciant qui rencontre une belle jeune femme. Il n’est pas très grand, mais a un dynamisme et une envie d’avancer à terrasser des prétendants plus riches et plus matures. Elle est douce, élancée au port altier, et son optimisme frise la naïveté.

Une histoire commence. Dublin est passionné, dans la fusion, l’intense émotion des débuts fougueux. Après quelques années aux cotés de Bruxelles, son immaturité devient fraîcheur, et son ambition se concrétise en réussite. Bruxelles, elle, veille et câline, réprimande quand son amant la délaissé et se montre égoïste. Mais comme toute femme elle veut plus : l’engagement, cette exigence maudite qui fait fuir tous les hommes.
Elle le sait et pourtant c’est plus fort qu’elle. Elle tente une amorce de discussion, en parle à ses amies, et finit par l’ultimatum. La jeune femme voit grand, un destin commun, et quoi de mieux que de signer ce contrat lui prouvant qu’il l’aimera pour la vie ?
Le climat se dégrade à mesure que la date fatidique approche. Quelle ironie, ils étaient si bien, en pleine harmonie. Et voilà comment les angoisses viennent briser l’envie.
Le 13 juin 2008, l’heure de vérité arrive. Dublin refuse de s’agenouiller, l’orage éclate. Il menace de faire ses valises, hurle son refus de céder. Elle est déçue, vexée de ne pas se sentir reconnue. Après ces années où elle s’est dévouée, donnant son souffle pour l’encourager, ses caresses pour l’apaiser, voilà qu’il ne lui rend pas la monnaie. Et qu’est-ce qu’elle exige ? Ni cadeau somptueux, ni luxe fastueux, seulement la promesse de ne pas l’abandonner.
S’installe alors le statut quo. On ne parle plus de futur, ni week-end à la mer, ni dîner chez les parents. On s’observe en silence, les amis tentent la médiation. Bruxelles propose finalement la thérapie de couple ; Dublin accepte. Le 11 décembre, après de longues séances d’introspection, le choix devient évidence, l’atonie n’est plus tenable : Bruxelles pourra tolérer le meilleur copain sur le canapé, s’abstenir sur le comportement outrancier de sa belle-mère, le tenir au courant des sorties qu’elle prévoit. Mais elle ne pourra pas se renier, oublier ses désirs, frustrer ses rêves.
Elle se lève alors du canapé, laisse la clé dans la main de Dublin, et part en attendant une bague à son doigt.
Julie Guillot