Joann Sfar, Klezmer

15 février 2008

Klezmer, ce n’est pas un personnage, mythique, philosophe ou être pensant. Ce n’est pas une créature judaïque, statut d’argile qui n’obéit qu’à celui qui connaît son nom. C’est une musique déracinée, indéracinable dans le cœur de Joann Sfar qui déride et prolonge la magie même quand il n’est plus temps. Celle des orchestres itinérants juifs ashkénazes, assimilable au jazz manouche, dissociable du reste et fait pour tous. Un emblème, un cri pour une bande dessinée décidément décisive, immanquable, bouleversante.

J’en fais des tonnes ?

Klezmer, c’est pour l’instant trois tomes : I. « Conquête de l’Est », II. “Bonne anniversaire Scylla”, III. « Tous des voleurs ». A venir « Kishinev des fous ». Mais je ne vous parlerai que de « Conquête de l’Est » , sorti en 2005 chez Gallimard Jeunesse.

Jeunesse ?

L’enfance, oui mais sans restriction. Un conte à pile ou face qui ne laisse pas place au lisse ni aux races. Un bonbon acide où les juifs ne sont pas ni les plus, ni les moins méchants.

Je vous explique…

Après avoir survécu à l’attaque meurtrière d’une bande de juifs sanguinaires, le Baron de mes fesses se retrouve seul, errant dans l’Ukraine des années 1930. S’en suit un long périple qui l’amènera à la rencontre de nouveaux compagnons d’infortune ou devrions-nous dire de fortune.

Sous la plume faussement gausse de l’auteur se dessine alors peu à peu la création émouvante et drolatique d’un Klezmer Band comme vous en aviez toujours rêvé même si vous n’en n’aviez jamais entendu parler. Quatre musiciens aux caractères invraisemblables et pourtant si vrais, une chanteuse angélique et aguicheuse aux formes plus que saillantes. Tout ce petit monde forme le plus improbable des groupes de musique, future république et…

…pourquoi pas après tout.

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