Le Footsbarn Théâtre joue “L’Homme qui rit”
15 février 2008
“Je représente l’humanité telle que ses maîtres l’ont faite. L’homme est un mutilé. Ce qu’on m’a fait, on l’a fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, l’intelligence, comme à moi les yeux, les narines et les oreilles ; comme à moi, on lui a mis au cœur un cloaque de colère et de douleur, et sur la face un masque de contentement.”
Pour nos rêves, nous voulons des héros équivoques, à vau-l’eau et poètes. Pour nos espoirs, idéaux, des messages d’élite et de sève. Pour notre innocence, des roulottes ; l’art acrobate, chromatique nous sidère… Le Footsbarn Théâtre fait vivre de masques, de musique et de toiles « L’homme qui rit » de Victor Hugo sous le chapiteau de la Cartoucherie de Vincennes.
Musiciens, acrobates, acteurs, chanteurs viennent des quatre coins de la terre nous conter la triste aventure de Gwynplaine, mutilé : un sourire éternel, factice, désespéré et rebelle.
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La voix de cette compagnie de théâtre est polyglotte. Elle s’encombre d’accents, se fragilise et se brise. Derrière les masques railleurs de commedia dell’arte, des forains proches de leurs personnages jusqu’au malaise… Ils luttent pour se faire entendre malgré leur prononciation difficile. Leur expressivité entravée par des masques glacés, figés dans une humeur éternelle, ils sont des Gwymplaine de pagaille, hors contexte, intemporels et bohêmes. Ils cisèlent de toiles et de broques les décors d’une oeuvre douloureuse, averse….
Angleterre, XVIIIème siècle : Par ordre du roi, un jeune enfant, Gwymplaine est enlevé par les “Comprachicos”, criminels anicroches aux scalpels meurtriers. Devenu un phénomène de foire, bouche béante élargie jusqu’aux oreilles, il est recueilli par Ursus, bateleur misanthrope et philosophe qui l’élève jusqu’à ce qu’il découvre qui il est…
Je n’en dis pas plus…